28.06.2008

Un Africain à Londres

Quelle soirée, quelle belle soirée ! En direct d'Hyde Park à Londres, nous avons vibré lors du concert célébrant les 90 ans de Nelson Mandela. En sa présence, oui il est venu d'Afrique du Sud ! Il s'agissait aussi de récolter des fonds pour financer la lutte contre le Sida et aider les enfants africains.

Hélas, non, nous n'étions pas à Londres, mais devant France Ô la chaîne de France Télévisions qui diffusait le concert en direct. Merci France Ô, dommage que France 2 ou France 3 n'ait pas eu l'idée d'en faire autant... Je pense cependant que le concert est accessible sur Internet...

Les photos qui suivent ont été prises depuis notre nouvelle télé par Corbillo !

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Johnny Cleg chante avec Joan Baez
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Simple Minds
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Si vous souhaitez laisser un message à Nelson Mandela dont l'anniversaire a lieu le 18 juillet, ou faire un don pour la lutte contre le Sida en Afrique, n'hésitez pas allez sur son site : www.happybirthdaymandela.com
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12.06.2008

Au Kiosque

- Ah non monsieur, aujourd'hui pas de journaux, c'est la grève de la distribution, la NMMP qui...

- Cela ne fait rien, moi je veux juste l'Equipe d'aujourd'hui...

- ...

- Vous en avez déjà plus ?

- En fait c'est la grève qui...

- Bon je repasserai.

- Grand sourire du kiosquier même pas agacé.

Et moi je rigole feignant de regarder les panneaux des nouvelles parutions, la plupart sont des journaux pornos bien hard, vendus avec un dvd au titre prometteur, je me demande si cela se vend bien, il faudra que j'interroge le kiosquier. Et que je le félicite pour sa patience...

En attendant je file déjeuner, demain les affaires reprennent !

03.06.2008

Sandwich et peinturlure

Depuis plus de trois mois, ils s'activent du lundi au dimanche. Mes voisins du dessus, et aussi ceux du dessous. Ils refont leur appartement. Tout, tout, tout. On casse par ici, on aménage par là... Enfin j'imagine, à l'oreille... Quand l'un a terminé de poncer, l'autre s'accroche à sa perceuse, puis on tape, et puis ça recommence, en haut, en bas, un festival, un vrai. C'est le défilé des ouvriers qui se trompent d'étage, mais oui, mais oui, venez donc chez moi, il y a de quoi faire aussi !

Cette sensation d'être pris en sandwich, est désagréable, on ne sait jamais quand le bruit va s'arrêter, et surtout, quand cela va recommencer. Et pour combien de temps encore ? Mystère, mystère. Mais bon c'est normal, il faut bien que les gens s'installent.

En revanche, la passion de notre voisin du dessous pour la peinture finit par m'exaspérer. Tous les week-end, il peint ses toilettes. Shloup, shloup, j'ai l'impression d'entendre le glissement des pinceaux... Depuis plus de trois mois. Je le sais parce que cela sent la peinturlure dans mes WC, et que cela me casse les pieds, si je puis dire... C'est un lieu où j'aime bien lire le journal, tranquille, le samedi et le dimanche. C'est un bon endroit pour bouquiner et j'ai mes habitudes. En ce moment c'est tout simplement impossible ! Il faudrait que je le fasse en apnée, eh oui. L'odeur très forte de peinture, berk... D'ailleurs de façon générale, j'évite ces odeurs-là, elles me déclenchent des migraines et des nausées du genre costaud. Alors là, je suis gâtée, gâtée. Comme il (ou elle ?) inflige le même traitement à sa salle de bain, j'envisage de prendre ma douche vers six heures du matin pour ne pas être dérangée par l'odeur, ou d'attendre le lundi ?... Et surtout je ne fais plus sécher de linge dans ma salle de bain en fin de semaine, et j'entrepose mes serviettes ailleurs. Parce que le doux plaisir d'une éponge parfumée à la peinturlure merci bien. Voilà, je souffre silencieusement, enfin plus ou moins, je ronchonne, je soupire... Je me mets à renifler, allongée sur mon canapé, "mmm, on dirait que cela sent jusque-là, non ? rhaaa". Cela me titille les narines, et je commence à en avoir un peu marre. Dimanche n'en pouvant plus, j'ai profité de quelques courses à Mouffetard pour aller boire un verre et utiliser les toilettes du café, mais non, je n'ai pas osé sortir mon journal de mon sac, non je vous assure.

L'autre samedi, nous sommes allés Corbillo et moi dîner chez une amie qui vient de s'installer dans son nouvel appart qu'elle a fait refaire. Et fort joliment d'ailleurs. Chic, simple et accueillant.  En rentrant, nous avons regardé le nôtre d'appart d'un air bof-bof-bof. Faudrait quand même qu'on se mette à faire faire des travaux murmura Corbillo, ah mais c'est vrai tu ne supportes pas l'odeur de la peinture toi.

Oui, mais l'autre accro du pinceau ne le sait pas lui, c'est vraiment dommage.

28.05.2008

Le petit Thomas dans le métro

Mais il n'est pas à moi, ai-je répondu interloquée à la punaise qui m'ordonnait de "tenir mon gosse tranquille". J'étais assise dans le métro, ligne 1 en direction de Vincennes, lundi vers 18 h 30. Un petit garçon agité d'environ cinq ans se cognait dans les jambes des voyageurs, et avait fini par venir se coller à moi, posant sa tête sur mes genoux. Je cherchais des yeux sa maman ou son papa, mais ne voyais que des dos, des postérieurs, des visages sévères. Mon voisin, un vieux maghrébin aux yeux plissés m'indiqua une personne debout vers les portes, C'est sa maman, je crois. J'essayai de la prévenir mais elle me tournait le dos. Bizarre quand même...

Thomas veut faire dodo dit le petit en s'allongeant de plus en plus sur moi. Je lui caressai ses petits cheveux courts, il avait chaud dans la nuque. Tout d'un coup, comme un ressort il se releva et réclama Un bisou, Un bisou... Je l'embrassai, il m'attrapa les mains, et joua avec mes doigts essayant de soulever mes ongles. Je lui demandai d'arrêter car cela faisait mal. Thomas grogna, gesticula, mais resta près de moi. Impossible de parler avec lui, il ne m'écoutait pas.

La rame s'arrêta à la station Palais-Royal et se délesta de nombreux voyageurs. Je retins le petit, tenté d'aller sur le quai, et m'aperçus que la maman avait réussi à venir s'asseoir en face de nous, sans un regard pour son gamin. J'indiquai à Thomas celle que je supposais être sa maman, et qui l'était. En souriant, il alla s'installer près d'elle, elle ne manifesta aucun intérêt pour lui. Frustré il voulut se mettre debout sur les sièges, mais je lui fis signe que non, c'était trop dangereux. Aucune réaction de sa maman.

Mon voisin soupira, c'est malheureux quand même une femme dans cet état. - Quel état ? Elle n'avait pas l'air enceinte, plutôt fatigué, très fatigué, un peu étrange quand même. Et puis, tout d'un coup je compris : les yeux injectés de sang, le regard vague, elle avait bu, beaucoup trop bu. Elle toussa, et je sentis l'odeur forte de l'alcool... Je lui demandai où elle habitait, mais elle souriait sans répondre... Thomas la sollicitai, maman, maman, un bisou, un bisou. Mais elle ne l'entendait pas, ne se penchait pas vers lui, il redescendit de son siège pour sauter, et se défouler.

Mon voisin et moi avions le coeur serré, j'ai vu le vieux monsieur les larmes aux yeux, et moi-même j'étais bien chamboulée. Je regardai Thomas, il était habillé simplement mais très propre, pas délaissé. J'avais un rendez-vous à Bastille et ne pouvais pas l'annuler, et pourtant j'avais bien envie de les raccompagner chez eux. Ce petit était capable de suivre n'importe qui, et sa mère ne s'en rendrait même pas compte... Je demandai au vieux monsieur s'il pouvait le faire, mais il était sur le point de descendre...

J'ai fait deux gros bisous à Thomas avant de descendre à La Bastille, je n'étais pas fière de moi je vous assure. Les grands yeux noirs de Thomas ne m'ont pas vraiment quittée depuis...

 

26.05.2008

Vacances océanes, la suite.

Une suite en photos, la Maison des Esclaves de l'Ile de Gorée au large de Dakar :

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21.05.2008

Des vacances océanes

Il faisait nuit lors de notre arrivée à Dakar. En sortant de l'aéroport, nous avons tout de suite senti la présence bienfaisante de l'océan atlantique tout proche ! Et Corbillo qui venait de recevoir une grosse valise sur le pied avait bien besoin du réconfort de l'air marin ! Notre chauffeur a dû nous prendre pour des amateurs de sensations fortes, et, musique à fond, il a foncé à toute berzingue pendant quatre-vingts kilomètres, et ceux qui connaissent les difficiles conditions de circulation près de Dakar me comprendront. Nous avons quand même eu le temps de découvrir les quartiers surpeuplés de la périphérie, les marchands qui vendent leurs fruits et légumes éclairés par des lampes à gaz, les transports publics surchargés, les piétons partout, partout, surgissant dans la nuit... Deux heures plus tard, nous avons atteint notre hôtel, soulagés. Accueil très sympathique, un repas allait nous être servi, mais non, mais non ce n'est pas la peine dis-je, mais si, mais si on vous l'apporte dans votre chambre... Corbillo ne tenant pas sur son pied souffrait silencieusement, et rhaaa il avait oublié son sac à dos dans le taxi ! Ne vous inquiétez pas je m'en occupe nous affirma le réceptionniste, nous l'avons trouvé bien optimiste. Nous étions en train de grignoter notre repas et de nous installer lorsqu'il est venu nous rapporter le sac et tout son contenu ! Ouf et un très, très grand merci.

Nous avons consacré les deux jours suivants à des activités reposantes, dormir, manger, se baigner, lire, profiter du soleil, de l'air, marcher un peu, papoter. L'hôtel était complet, beaucoup de francophones, mais aussi des Dakarois, Africains ou expatriés venus en famille se mettre au vert et profiter d'un long week-end, le Lundi de Pentecôte étant férié au Sénégal. Nous nous sommes laissés vivre nous aussi...

Une fois requinqués, nous avons décidé d'aller nous balader, et comme nous étions hors du cadre d'un voyage organisé, nous avons trouvé un guide, Marco, et son copain chauffeur. En route pour Fadiouth, l'Ile aux Coquillages en pays Sérère. 

 

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Un petit tour en pirogue, découverte de la mangrove, nous admirons en accostant les anciens greniers à mil.
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                A   SUIVRE...

10.05.2008

Vers le Sud

Quelques jours de repos, grand air et mer du sud... A bientôt.

06.05.2008

Linette a retrouvé le sourire

Vous vous souvenez peut-être de "Linette qui ne sait pas lire," je vous en ai parlé ici. Linette venait de perdre son emploi, ouvrière depuis ses 16 ans, elle a été licenciée pour raison économique à 47 ans. Et s'est trouvé confrontée à la recherche d'emploi, avec pour bagage sa seule expérience, et paralysée par un gros handicap : ne pas savoir lire et écrire...  Et surtout une grande peur de "dévisser", de devenir plus que pauvre... Pendant plusieurs mois, elle a accepté tous les boulots les plus durs, précaires, les horaires les plus irréguliers...

Et coup de chance, une petite usine d'électronique s'est installée dans une petite ville à trente kilomètres de chez elle. Elle a eu le culot de se présenter, de faire des essais. Et elle a eu un petit contrat. Les contrats se succèdent, plus ou moins longs. Mais elle est arrivée à travailler huit mois dans l'année. L'entreprise l'apprécie, mais se contente de promesses d'engagement définitif. Des promesses bien sûr.

Mais ce qui compte c'est que Linette a retrouvé le sourire, et le moral. Même si elle n'est pas dupe, elle sait bien que l'entreprise pourrait lui proposer un CDI, là tout de suite. Mais là c'est une autre histoire. Une autre étape, peut-être.

 

 

30.04.2008

Particule

"On ne tire pas les rois, on les célèbre" avait très sèchement répondu un collègue aristo à l'une des collaboratrices qui l'invitait à partager la rituelle galette. C'était il y a quelques années dans une entreprise qui cultivait la vieille France et ses valeurs, où j'ai côtoyé petits et grands de notre aristocratie. Grâce à mon séjour prolongé en école religieuse lors de mon enfance, j'avais intégré quelques codes me permettant de décrypter les us et coutumes de leur monde, j'évitais ainsi plus ou moins les maladresses... 

Lorsque je recevais du courrier, je m'amusais en constatant qu'une particule avait parfois été ajoutée à mon patronyme. Sans doute par réflexe ou association d'idée de la part de l'expéditeur. Le responsable du service courrier, le célèbre René à la blouse bleue se marrait : "Ca s'attrape un De ?" Il lui fallait bien la matinée pour faire le tour de la question en riant dans les couloirs, irritant les vrais propriétaires du fameux De. Nous avions hérité d'une nièce ou cousine d'un aristo dirigeant, jolie blonde qui par mariage était devenue noble, et ne s'en remettait pas... Nous étions plusieurs à nous régaler quand le mercredi après-midi, elle téléphonait à son boucher du 6ème arrondissement pour sa commande. En terminant, elle ne manquait jamais d'indiquer : pour Madame de T., de particule, plus loin T. Ah, mais quel bonheur, pour elle, et pour nous, pauvres roturières ! C'était un moment que je ne voulais jamais rater. Elle raccrochait, puis feuilletant son carnet d'adresses, prenait ensuite son rendez-vous hebdomadaire chez son coiffeur, pour son brushing à la Catherine De-neuve... Ah, oui, il faut que je vous précise, elle estimait sa présence suffisante dans le service. Se mettre au travail, en plus, mais quelle horreur ! Elle ? Pourquoi ?

Actuellement, je travaille dans une entreprise internationale plutôt orientée vers les pays du Sud. Et je m'amuse maintenant car je reçois du courrier assez fantaisiste ! Des lettres sont adressées à Aïcha, Aminata, Ania, Azia, Aziza, Amira...  Le préposé au courrier a dû lui aussi intégrer ce nouveau prénom. Lui parlant de mes prochaines vacances, il enchaîne : - Ah c'est bien, elle retourne au pays ? De quel pays veut-il parler, je l'ignore. Lui seul le sait !

A l'occasion d'une récente conversation téléphonique professionnelle, j'ai cru bon souligner à mon interlocutrice que mon prénom était Anita et non pas Aïcha, ce qu'elle a noté. Quelques minutes plus tard, elle m'a saluée en disant : "Parfait on fait comme ça, allez au revoir Amina, et à bientôt". Ben oui hein.

17.04.2008

Piscine Joséphine Baker : du temporaire définitif ou quoi ?

C'est un bijou la piscine Joséphine Baker du 13ème, coûteux certes, 17 millions d'euros (oui quand même hein...). Que de soucis et de galères depuis son inauguration le 5 juillet 2006 ! Ouverte, fermée, réouverte, fermée, fermée, fermée... Et encore fermée !

Je me suis promenée récemment sur les quais, et franchement voir notre si jolie piscine dans cet état, cela m'a fendu le coeur. Mais oui, je vous assure.

Voici le communiqué publié sur le site de la Mairie du 13ème :

"Le 1er octobre dernier, la piscine Joséphine Baker a fermé pour travaux sur sa coque et remise en état de l'espace sauna et hammam. 

Suite aux problèmes rencontrés lors du carénage du bateau, la date de réouverture a été différée dans l'attente d'expertises et de travaux complémentaires."

Je viens de téléphoner à la Mairie, on m'a lu le communiqué que je venais de lire moi aussi sur le site... Et il date quand même de quelques mois... Bon passons. Il y a sans doute plus urgent, je veux bien le croire...

J'ai pensé qu'en téléphonant directement à la piscine, j'aurais des infos plus fraîches, ou du moins un message enregistré destiné à rassurer les usagers mais néanmoins contribuables. Alors j'ai composé le 01 56 61 96 50, et ai entendu un délicieux message : musique, clapotis de l'eau, le cui-cui des oiseaux, puis "le Capitaine et son équipage sont heureux de vous accueillir à bord de la Piscine flottante Joséphine Baker, une structure fluviale unique au monde..." Et si je voulais connaître les horaires, je tapais 1, les activités proposées je tapais le 2... Et blablabla..

Cela m'a énervée. Quoi, depuis le 2 octobre personne n'a eu l'idée d'effectuer une petite mise à jour ? Hein ? Mais alors à qui dois-je m'adresser ? Y-a-t-il un espoir ? Il faut sauver Joséphine Baker ! Mais secouez-vous bon sang, vous les responsables, et d'abord pensez à nous informer. In-for-mer.

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